Siham Daoud
1953 (Ramleh, Israël)-
Membre du parti communiste israélien, auteur de deux recueils poétiques en arabe C’est ainsi que je chante (Beyrouth, 1979) et J’aime à l’encre blanche (Tel-Aviv, 1981), Siham Daoud travaille à Tel-Aviv dans le département d’édition arabe d’Hahistadrout. En 1993 elle fonde, avec Émile Habibi, la revue Masharef (Alentours). Selon Haya Hoffman, dans sa poésie, « l’amour pour un homme se révèle être l’amour pour un pays, et il est difficile de séparer l’un de l’autre… Le discours patriotique ou politique, qu’il soit latent ou explicite – mais jamais slogan – s’insère dans cette écriture de manière naturelle et pourtant surprenante ».
Un jour comme aujourd’hui
Voilà quelques années déjà
Un jour comme aujourd’hui
Je me liai aux papillons
M’étendis sur les cailloux, les sables et les cendres
Je teintai mes doigts de craie rouge
Et coloriai les colombes qui s’envolèrent.
Un ouragan de lumière surgit devant elles
Et consuma les papillons.
Septembre fila puis octobre
Il y a de cela des années
Avril vint et mai suivit,
Un année passa,
Puis une autre et encore une autre
Je m’étendis sur les cailloux et achetai des ailes,
Je m’étendis sur les sables et acquis monts et espace
Je m’étendis sur les cendres et m’envolai dans le ciel
Je construisis à la craie rouge
Un jardin d’enfants, une école, un vaste océan
Je brodai une voile, un mouchoir, un port immense
Je découvris de mystérieux rendez-vous,
Des dates, une fête, Haifa, ma maison
Et des rêves fugaces.
Ma lune mauve, un jour, défleurit,
Se dispersa,
S’égara dans mon vaste océan
Se perdit dans ma poche
Elle se perdit et s’assoupit !
Je rassemblai mes craies rouges, écrivis des slogans,
Construisis un mur,
Fis un gala.
Et les nuages surgirent.
Puis arriva ce qui devait arriver
Ma mère, celle qui m’instruisit
Apparut …
Comme les colombes
Elle versa des larmes sur mon sort.
(A. K. El Janabi et Mona Huerta)


