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Assonance

(i.m Edward Saïd)

Mahmoud Darwich

Traduction de Jalel El Gharbi

Cinquième avenue/Novembre/New York
Le soleil est un plateau en métal qui vole en éclats
J’ai dit à mon âme étrangère dans l’ombre
Est-ce Babel ou Sodome ?
Là, sur le seuil d’un précipice électrique
J’ai rencontré Edward à hauteur de ciel
Il y a de cela trente ans.
Le temps était moins fougueux qu’il ne l’est aujourd’hui
Chacun de nous dit :
Si ton passé est expérience
Fais du lendemain sens et vision
Allons donc
Allons donc
Vers notre lendemain assurés
De la franchise de l’imagination et du miracle de l’herbe.
Je n’ai pas souvenir que nous soyons allés au cinéma
Le soir mais j’ai entendu des Indiens
Devant moi m’interpeller : ne te fie
Ni au cheval ni à la modernité.
Non, aucune victime ne demande à son bourreau :
Es-tu moi-même ? Si mon épée était
Plus grande que ma rose demanderais-tu
Si je ferais comme tu fais ?
Une telle question suscite la curiosité de l’esthète
Dans un bureau vitré donnant sur des
Tulipes dans un jardin là où
La main de l’hypothèse est pure
Comme la conscience de
L’esthète quand il règle ses comptes avec
La tendance humaine. Il n’y a pas de lendemain
Dans le passé, avançons donc.
Le progrès est peut-être
Un pont qui ramène vers la barbarie…
New York. Edouard se réveille
A la paresse de l’aube. Il joue un air de Mozart
Cavale dans le court de tennis de l’université
Et pense à la migration de la pensée à travers les frontières,
Par-dessus les barrières. Il lit le New York Times,
Ecrit un commentaire enfiévré et maudit un orientaliste
Qui indique à un général le point faible
Dans le cœur d’une orientale. Il prend son bain. Il choisit
Son costume avec l’élégance d’un coq. Il prend
Son café au lait et crie à l’aube :
Assez d’atermoiements.
Il marche sur le vent. Et dans le vent,
Il sait qui il est. Le vent n’a ni toit
Ni maison. Le vent est la boussole
Indiquant le nord pour l’étranger.
Il dit : je suis là et suis ici
Je ne suis ni là ni ici.
J’ai deux noms qui se rencontrent et se séparent
J’ai deux langues. Et j’ai oublié dans laquelle des deux
Je rêvais
J’ai un anglais aux mots malléables
Pour écrire
Et j’ai une autre langue extraite du dialogue du ciel
Avec Jérusalem, son timbre est argenté
Mais elle ne suit pas mon imagination.
-Et ton identité ? dis-je
- C’est se défendre…
L’identité est fille de la naissance
Mais elle est en fin de compte invention de son homme
Et point un héritage. Moi, le multiple je porte
Dans mon dedans mon dehors renouvelé. Mais
J’appartiens à la question de la victime. Si je n’étais pas d’ici
J’aurais entraîné mon cœur à élever
Là-bas la gazelle de l’écriture…
Emporte donc ton pays partout où tu vas et sois
Narcissique s’il le faut.
Exil est le monde intérieur
Exil est le monde extérieur
Qui es-tu alors entre les deux ?
Je ne me définis pas
De peur de m’égarer. Je suis ce que je suis.
Je suis mon autre dans une dualité
Dans une consonance entre la parole et le signe
Si j’écrivais de la poésie, j’aurais dit :
Je suis deux en un
Comme les deux ailes d’une hirondelle
Qui se contente d’annoncer la bonne nouvelle
Quand tarde le printemps,
Qui aimant un pays le quitte
[L’impossible est-il lointain]
Qui aime partir vers n’importe quoi
Car c’est dans le voyage libre entre cultures
Que les chercheurs de l’essence humaine trouveront
Assez de sièges pour tous…
Ici, avance une marge. Ou alors c’est un centre qui
Recule. L’Orient n’est pas complètement Orient
Ni l’Occident parfaitement Occident
L’identité est ouverture à la pluralité
Elle n’est ni citadelle ni tranchée.
La métaphore dormait sur la rive du fleuve.
N’eut été la pollution
Elle aurait embrassé l’autre rive
-As-tu écrit des romans ?
-J’ai essayé…essayé de récupérer
Mon image dans le miroir des femmes lointaines, avec le roman
Mais elles se sont engouffrées dans leur nuit imprenable
Et elles m’ont dit : nous avons un monde indépendant du texte
L’homme n’écrira pas la femme, l’énigme ni le rêve
La femme n’écrira pas l’homme, le symbole ni l’étoile
Aucun amour ne ressemble à un autre. Aucune nuit
A une autre. Enumérons donc les qualités
Des hommes et rions !
- Et qu’as-tu fait ?
J’ai ri de mon absurdité
Et jeté le roman
A la poubelle
Le penseur freine la narration du romancier
Et le philosophe explique les stances du chanteur
Aimant un pays il le quitte :
Je suis ce que je suis, ce que je serai
Je me mettrai bas moi-même
Et choisirai mon exil. Mon exil est l’arrière fond
De la scène épique
Je défends le besoin qu’ont les poètes
A la fois d’un lendemain et de souvenirs
Je défends des arbres que revêtent les oiseaux
 En guise de pays et d’exil
Je défends une lune encore valable
Pour un poème d’amour
Je défends une idée brisée par la fragilité de ceux qui y croient
Je défends un pays ravi par les mythes
-Peux-tu revenir vers n’importe quoi ?
Mon devant traînent mon arrière et se hâte
Je n’ai pas de temps à ma montre pour tracer des lignes
Sur le sable. Mais je peux aller vers hier
Comme le font les étrangers quand ils entendent
Par un soir triste le poète pastoral :
« A la fontaine, une fille remplit sa cruche
Avec les pleurs des nuages
Et rit et pleure pour une abeille
Qui a piqué son cœur là où souffle l’absence
L’amour est-il ce qui fait mal à l’eau ou bien
Une maladie dans le brouillard… »
[Jusqu’à la fin de la chanson]
-Tu peux donc être sujet au mal de la nostalgie ?
-Oui une nostalgie pour un lendemain plus lointain, plus haut
Et encore plus lointain. Mon rêve guide mes pas.
Et ma vision assoie mon rêve sur mes genoux
Comme un chat domestique, lui le réaliste, le fictif
L’enfant de la volonté : nous pouvons
Changer la fatalité du précipice !
- Et la nostalgie pour hier ?
C’est une émotion qui ne concerne le penseur
Que pour comprendre l’aspiration de l’étranger aux outils de l’absence.
Quant à ma nostalgie, elle est lutte contre un présent
Qui tient le lendemain par les testicules
-Ne t’es-tu pas infiltré vers la veille quand
Tu es rentré chez toi à
Jérusalem au quartier Talbia ?
Je me suis préparé à m’allonger
Dans la garde-robe de ma mère comme le fait l’enfant
Quand il a peur de son père et j’ai cherché à
Me remémorer ma naissance et à suivre
La voie lactée sur le toit de la vieille maison
Puis j’ai cherché à tâter la peau
De l’absence et l’odeur de l’été venant
Par le jasmin du jardin. Mais la hyène de la réalité
M’a éloigné d’une nostalgie qui s’est retournée comme une voleuse
Derrière moi.
-As-tu eu peur ? Et de quoi ?
Je ne peux rencontrer l’échec face à
Face. Je me suis arrêté devant la porte comme un mendiant
Demanderai-je l’autorisation à des étrangers qui dorment
Dans mon propre lit, pour me visiter
Pendant cinq minutes ? Dois-je m’incliner avec respect
Devant ceux qui habitent mon rêve d’enfant ? Demanderont-ils
Qui est ce visiteur étranger importun ?
Pourrai-je parler de guerre et de paix
Parmi les victimes et les victimes des victimes sans
Mots supplémentaires ni phrases intercalées ?
Me diront-ils : il n’y a pas place pour deux rêves
Dans un même lit ?
Ce n’est ni lui ni moi
Mais un lecteur qui se demande
Ce que nous dira la poésie en temps de catastrophe
Du sang,
Du sang.
Du sang
Dans ton pays
Dans mon nom, dans le tien, dans
La fleur d’amandier, dans la peau de banane,
Dans le lait de l’enfant, dans la lumière, dans l’ombre,
Dans le grain de blé, dans la salière,
Des snipers adroits atteignent leurs cibles,
Avec excellence
Du sang,
Du sang
Du sang
Cette terre est plus petite que le sang de ses enfants,
Debout au seuil de la résurrection comme
Des sacrifices. Cette terre est-elle vraiment
Bénie ou alors baptisée dans
Du sang
Du sang
Du sang
Que ni les prières ni le sable n’assèchent
Il n’y a pas de justice dans les Saintes Ecritures
Qui suffirait pour que les martyrs aient le bonheur de
Marcher au-dessus des nuages. Du sang le jour.
Du sang dans l’obscurité. Du sang dans le langage !
Il a dit : le poème peut accueillir
La perte, rai de lumière brillant
Au cœur d’une guitare ou un Christ sur
Une jument et lardé de belles métaphores
L’esthétique n’est que la présence de la vérité
Dans la forme
Dans un monde sans ciel
La terre devient précipice et le poème
Un don du deuil ou une des qualités
Du vent du Sud ou du Nord.
Ne décris pas tes blessures
Celles que la caméra voit et crie pour t’entendre
Et crie pour savoir que tu es encore en vie
Et encore en vie et que la vie sur terre
Est possible. Invente un espoir aux mots
Crée un parti ou un mirage qui prolongerait l’espoir
Et chante car l’esthétique est liberté
La vie qui se définit par son contraire,
Dis-je, c’est la mort… non pas la vie.
Nous vivrons, dit-il, si la vie nous laisse
Tranquilles. Soyons maîtres des mots qui
Rendront éternels leurs lecteurs -selon
L’expression de ton génial ami Ritsos-
Si je meurs avant toi
Je te confie l’impossible, dit-il.
J’ai dit : l’impossible est-il lointain ?
A une génération, dit-il.
-Et si je meurs avant toi demandé-je ?
-Je présenterai mes condoléances aux monts de Galilée, dit-il,
Et j’écrirai « l’esthétique n’est que
D’atteindre l’idoine » Maintenant, n’oublie pas :
Si je meurs avant toi, je te confie l’impossible !
Lorsque je l’ai visité dans la nouvelle Sodome
En l’an deux mille deux il militait à la fois contre
La guerre de Sodome contre les gens de Babel…
Et contre le cancer. Il était comme le dernier héros
Epique, il défendait le droit de Troie
A avoir sa part dans le roman
C’était un aigle qui disait adieu à sa cime
Très haut
Très haut
Car résider sur l’Olympe
Et sur les sommets
Suscite l’ennui
Adieu
Adieu poésie de la douleur !

عبدالقادر الجنابي

هنا نص مساهمتي في استفتاء جريدة “القدس العربي” حول الشاعر الراحل محمد الماغوط. وصيغة الاستفتاء التي وضعها محرر القدس العربي الثقافي، هي: قبل نحو عشرة أيام توفي الماغوط، أحد أهم رواد القصيدة العربية الجديدة التي تسمي قصيدة النثر ، وقد كُتب الكثير في وداع الشاعر والمسرحي السوري الذي رافق أبرز منعطفات الحياة السياسية والثقافية العربية كتابة وتعليقا، غلب عليهما، بالطبع، الاحتجاج والنقد علي الحال العربية. نتوقف في ما نأمل، أمام منجز الماغوط الابداعي علي نحو أكثر شمولاً وعمقاً، بحيث لا تطغي ذكري المناسبة الحزينة علي قراءة منجزه، والرثاء علي التأمل المتبصر. شعراء ونقاد عرب من بلدان وأجيال لاحقة علي الماغوط تلقي، هنا، نظرة متفحصة علي نتاجه.” وقد تم نشر الأجوبة كلها اليوم السبت 15 نيسان 2006:

الماغوط فقيد فوضى المصطلح

كلما أعود إلى شعر الماغوط، تتأكد لي هذه الملاحظة التي أريدها أن تكون خلاصة مساهمتي في هذا الملف عن شاعر أصيل محترم لنقائه وطفولته الشعريتين: لم يكتب محمد الماغوط أشعاره وفق مصطلح “قصيدة النثر” الذي لم يتم طرحه إلا بعد عام على ظهور “حزن في ضوء القمر”، وسنوات على معظم قصائده التي وفقا لسنية صالح أنها كانت مكتوبة كلها في شتاء 1956 وبقيت “مخبأة في الأدراج”… مصطلح أطلق عشوائيا على محاولات كانت تريد إحداث ثورة إيقاعية داخل شعر التفعيلة (صايغ، الماغوط، جبرا).. ناهيك بأن أدونيس الذي اطلق المصطلح انتظر عرضا نقديا لأطروحة دكتوراه لطالبة فرنسية اسمها سوزان برنار في أسبوعية لويس أراغون “الأخبار الأدبية”، حتى يدرك أن هناك شعرا أسمه قصيدة نثر، جاهلا أن ثمة قرنا من النتاج الغزير لهذا الجنس الأدبي غير المشطّر… والأنكى أن مجلة “شعر” لم تبادر أبدا بنشر ملف يشرح قصيدة النثر الفرنسية نموذجا وتنظيرا، لكي يطلع الشاعر العربي الجديد على آفاق شعرية لم يعهدها من قبل.
في نظري أن الماغوط القارئ النهم، الذي عاين عن كثب لغة الواقع البوهيمية بكل تشردها ومتاهتها في شوارع العيش الخلفية، مأخوذا بتدفق الصور وتدفق المعاني بأوزانها الخاصة، دون أن يستذكر العروض والتفعيلات أو يلبي التزاماتها.. كان يكتب شعرا حرا وليس قصيدة نثر. كما أن أي مقطع من شعر الماغوط، حتى الذي نشر بعد ظهور مصطلح قصيدة النثر، يدلل على أنه مكتوب من داخل إطار التفعيلة لكن على نحو طلق وحر:

“لأجلكَ أيّها الطائش
أيّها الرخيمُ كالعصفور
أمسك الملعقة من ذيلها
أمرِّرُها بين نهديّ كالزنبقة
منذ شهور وهو راقد بجوارنا
متلألئا كالسّيف تحت المياه
يكتب ويدخن ويبكي
ولا ينظر إلينا”

 ”غرفة بملايين الجدران” ص 121 (1)

أبيات مصدرها أوزان عربية وفق جوازات شعر التفعيلة، وهذا ما لانراه لا في شعر شوقي أبو شقرا، ولا في شعر أنسي الحاج الذي كان واعيا للمصطلح، ربما ليس على مستوى النموذج الفرنسي، إلا في عدد صغير من القصائد… لكن بالتأكيد على صعيد البيت – الجملة حيث الوقفة / التقطيع أشبه ببداية فقرة جديدة في عمل نثري طويل مقطع إلى فقرات. ومما يؤسف له أن معظم شعراء الشعر الحر اللاحر (قصيدة النثر العربية) وجد أسلوب التشطير كمحاولة توفيقية مع التراث.
الشعر الحر مشتق من المصطلح الفرنسي Vers Libre “الشعر (والمقصود النظم) الحر”، الذي وضعه شاعر الرمزية غوستاف كان عام 1886 أي بعد مرور مايقارب ثلاثين عاما على ظهور قصيدة النثر الفرنسية… ويرتكز على وحدات مقطعية syllabes دون الالتزام بعدد ثابت لها. أي الانتقال من التفعيلة الثابتة إلى الإيقاع النبري المنفتح. وشعر التفعيلة العربي لايختلف كثيرا عن المبدأ فمرتكزه الوزني هو أيضا وحدة التفعيلة دون الالتزام بعدد ثابت من التفعيلات (2). على أن ما حصل من تطور أساسي للشعر الحر الفرنسي خلصته نهائيا مع ظهور السوريالية، من وحدة التفعيلة. الشيء نفسه حصلَ عندنا لكنه لم يؤخذ كتكملة لشعر التفعيلة، ولا كتطور منطقي للإيقاع الموسيقي يمليه روح العصر… وما ديوان “ثلاثون قصيدة” (انظر أنه لم يلحقها بـ”نثر”) لتوفيق صايغ، المطلع على تطورات الشعر الحر الأمريكي، سوى علامة من علامات هذا التطور (أُجهِضَ في مهده) الذي كان يجب أن يُفهم على هذا النحو وليس على النحو الخاطئ الذي حد من ديناميكة مشروع الشعر الحر وحجب كل الآفاق التي كانت ممكن احتضانها كما حصل في العالم، وبالتالي شوّه حقيقة قصيدة النثر على أنها تصد لشعر التفعيلة، وليس كجنس أدبي مستقل. وتجدر الملاحظة هنا إلى أن توفيق صايغ كان واعيا إلى أن شعره ليس قصيدة نثر وإنما شعر حر، وذلك بمحاولته التمييز بين ما سمي خطأ قصيدة النثر العربية كتمرد على شعراء التفعيلة، وبين قصيدة النثر الحقيقية كنمط أدبي جديد، فنشر في مجلته “حوار” عددا من النصوص الشعرية (لتيريز عواد، أسعد عاصي، يوسف غصوب الخ وهي أقرب النماذج الشعرية المكتوبة بالعربية آنذاك إلى نموذج قصيدة النثر الأوروبية)، تحت عنوان “شعر بالنثر” وهي ترجمة للمصطلح الأمريكي: Poetry in Prose الذي بدأ بالانتشار في أمريكا اعتبارا من منتصف خمسينات القرن العشرين ويطلق على نتاج قصيدة النثر الأمريكية.
كما أن الأعمدة الثلاثة لقصيدة النثر الحقيقية (إيجاز/ توتر/ جُزاف)، فقلما تتجلى في شعر الماغوط… ذلك أن الماغوط في قصائد كثيرة، يبقى يلهث دون توقف… بل ما إن يتجلى التوتر في شعره حتى يضيع في اللوذعية والضحك والسخرية الواقعية من العالم. وهذا بسبب ميله إلى مسرح شعري عابث ينطوي على خطة ملفقة في ذهن المؤلف… وهذا تهديم للعمود الثالث “جزاف” أي أن تكون مادة القصيدة حادث لا معنى له ولا غرضية شخصية.
باختصار: محمد الماغوط شاعر بكل ما تحمله هذه الصفة من تأويلات، إمكانيات وأضغاث أحلام… فمكانه ساطع في شمس الشعر الحر التي حجبها شعراء التفعيلة ورهط من جهلة النقاد.

1- انظر اطروحة جان كرمة عن قصيدة النثر العربية، باريس 1981
2- إن اعتبار جبرا إبراهيم جبرا وعبد الواحد لؤلؤة أن “شعر الماغوط وصايغ وجبرا هو الشعر الحر، وليس شعر الملائكة او شعر التفعيلة”، اعتبار خاطئ، ذلك أن تسمية الشعر الحر في فرنسا لم يطلق، في مرحلته الأولى على تجارب شعرية خالية مشطرة من الوزن، وإنما على قصائد تحررت من العدد الثابت للمقاطع، التي يفرضها الوزن الكلاسيكي، لكن شرطك أن يبقى ضمن قوانين تفعيلة الوزن الاكلاسيكي. فقصائد فيرلين هي تحترم البناء الوزني الالكسندراني لكن على نحو متحرر في عدد المقاطع في البيت الواحد… وبقيت التسمية تطلق على كل ما هو مشطر بهذا المعنى أولا، ثم على كل ما هو مشطر وتقطيع لا علاقة له بالوزن الالكسندراني قطعا. وهذا ما نجده في اغلب الشعر المشطر السوريالي، والعالمي منذ الحرب العالمية الثانية، وفي اية لغة أوروبية. إذن وجهة نظري هي ان الملائكة لم تخطأ في اطلاق تسمية الشعر الحر على جل التثوير في تحرير البيت الشعري من الخليل إلى التفعيلة الحرة… لكنها خطأت هي وشعراء التفعيلة وكل نقادنا الجهلاء، بعدم اعتبار التطورات اللاحقة التي ستصيب الشعر المشطر اعتبارا من توفيق صايغ وحتى آخر قصيدة عربية حديثة مشطرة يكتبها اليوم ما يسمى شعراء قصيدة النثر…. تطورات لم تبق من قوانين التفعيلة أي شيء.

الماغوط فقيد فوضى المصطلح.

هذا هو الشعر الحر وليس 
عبدالقادر الجنابي

الحلقة الأولى: نقاط تمهيدية
نحن لم نرافق ولادة المصطلح الثقافي الذي يأتي عبر جهد ورؤى لثقافة حيوية، ولم نتابع سيرورته / تداعياته، مما جعلنا هذا نجهل شروط نموه إلى مصطلح آخر أكثر استقلالية وتحررا في بيئته البعيدة عنا، يحتاج إلى قراءة جديدة خارج معايير معطى ماضيه… لقد عشنا، في خمسينات القرن الماضي وستيناته، مثلا، فورة ثقافية ناقصة تقوم على التعليق وليس على النص؛ على الفرع وليس على الأصل. انبثقت حركة “الشعر الحر” في لغتنا الشعرية، وقدمت أعمالا وأثارت سجالات من كل نوع، ومع هذا قلما تجد واحدا يستطيع أن يوضح ما هو “الشعر الحر” تاريخيا أي ضمن معطياته لدى الآخر الذي أخذنا منه المصطلح.
كان لدينا مترجمون كبار نعتمد عليهم اعتمادا كليا خصوصا في مجال الآداب الأجنبية: جبرا ابراهيم جبرا، احسان عباس، محمد يوسف نجم، سلمى خضراء الجيوسي، جميل الحسني، منح خوري، يوسف نور عوض، نظمي لوقا… وقد قاموا بمساعدة مؤسسات كفرانكلين وغيرها، بترجمة كتب نقدية حول الشعر، من بينها: “الشعر والتجربة” لماكليش، “شعراء المدرسة الحديثة” لروزنتال، “فائدة الشعر وفائدة النقد” لاليوت، “مناهج النقد الأدبي بين النظرية والتطبيق” لديفيد ديتشس.. الى اخر الكتب التي كان الشاعر الطالع آنذاك يقرأها بنهم.. ومع هذا ظل جاهلا في قضية “الشعر الحر”، بالرغم من أن الشعراء المدروسين في هذه الكتب اغلبهم من رواد الشعر الحر. وأحد الأسباب هو أن هذه الكتب مكتوبة لقراء لهم أصلا معرفة أولية وأساسية بالمصطلح النقدي المعني مما لم يجد مؤلفو هذه الكتب حاجة إلى إعطاء تعريف مدرسي وتاريخي لمصطلح الشعر الحر، مثلا، بل فضلوا أن يتبحروا في النظريات النقدية التي أفرزتها تجارب الشعر الحر، دون تزويدنا بخلفية مجمل المفاهيم المتناولة في كتبهم..
عندما يسعف الحظ أحدنا بأن يعيش في دولة أوروبية، فسرعان ما يندهش من جهله المطبق بشتى الأمور الصغيرة التي كان يدعي معرفتها. أتذكر كم كان كتاب والاس فولي “عصر السوريالية” مطلوبا وكأنه الكتاب المقدس في ستينات بغداد، بينما ما إن توفرت لي بعض مصادر السوريالية الحقيقية في لندن وباريس، حتى تبيّن لي كم بعيد “عصر السوريالية” من أبسط مفاهيم السوريالية.. والصادم إني لم أجده مذكورا في كل قوائم المراجع التي وضعها مؤرخو السوريالية في نهاية كتبهم، وإذا أشير اليه في كتاب ما، صدفة من باب ذكر كل ماصدر عن السوريالية، فدائما مع جملة موضوعة بين قوسين (المؤلف في قمة التشويش والتخبط). بينما كان هناك في الانجليزية في منتصف الستينات كتاب قيم لماتيوس: “مدخل إلى السوريالية”، وهو الكتاب الأول من مجموعة كتب مذهلة حول السوريالية، ثاقبة في عرضها وتحليلها وكأنها تكاد تكون مكتوبة من داخل الحركة السوريالية، كان صديقا لي سبق له أن اشترك بمقال في مجلتي الانجليزية Grid. توفي ديسمبر 1986.
أما الذين كنا نتصورهم متفهمين ومطلعين بعمق على تاريخ المصطلح كالشعر الحر مثلا، وتطوراته، لم يكن هؤلاء، في الحقيقة أقل جهلا من قراء لا يعرفون لغة ثانية. خذ مثلا جبرا إبراهيم جبرا الذي قال أن شعر الملائكة والسياب لا تصح تسميته بـ”الشعر الحر” وإنما يجب أن تطلق التسمية هذه على شعره هو وشعر توفيق صايغ ومحمد الماغوط. لماذا؟ كيف؟ لم يعطنا تفسيرا مقنعا. لكن لا أدري إذا كان واعيا أن أفضل قصائد حركة الشعر الحر، في نظر النقاد، هي تلك التي كتبها شعراء متضلعون بالعروض الانجليزي إلى حد أنهم عرفوا يتلاعبون بالتفاعيل وبالمقاطع النبرية وغير النبرية لخلق وحدة وزن جديدة لقصائدهم تسمح للعروضيين بتقطيعها واستخراج تفعيلات جديدة اعتبرت فيما بعد تطويرا للعروض المعطى. وخير مثال قصيدة اليوت “أغنية حب جي الفريد بروفروك” المسكونة بخماسي التفاعيل الايامبي الذي برع به اليوت. في الحقيقة ان الكتب التي ظهرت مؤخرا حول مسالة Free Verse تكاد تؤكد أنه ليس هناك “شعر حر” واحد وإنما مئات من “الشعر الحر”، يسكنها شبح وزن ما.. بينما في الفرنسية هناك شعر واحد تتغير فيه فقط مقاربات الطرح من شاعر إلى آخر.
إن شعراء التفعيلة (كالملائكة والسياب والبياتي) هم نقطة الانطلاق الأولى للشعر الحر على الأقل بمفهوم أوائل الشعر الحر الانجليزي… لكنهم توقفوا عند الأسس (عدم الالتزام بعدد ثابت من التفعيلات، تحويل البيت من شطرين إلى سطر، مزج تفعيلات بحر بتفعيلات بحر آخر، الوقفة حيث يريد الشاعر حتى نهاية المعنى، نسف نظام الروي وجعل الصوت متنقلا، عدم خضوع الموسيقى للوزن وإنما لحالة الشاعر النفسية، التدفق)، مثبتينها قيودا خليلية جديدة دون أن يذهبوا أبعد من ذلك. لذلك اوجدت ظروف الرغبة بالتحرر في مطلع خمسينات القرن الماضي مغامرين آخرين كتوفيق صايغ، محمد الماغوط وجبرا ابراهيم جبرا إلى التوسع في امكانيات الشعر الحر وكسر كل قيد سواء كان عروضيا بالمعنى الكلاسيكي للكلمة أو او بقياسات شعر التفعيلة. كما أن هناك بندا اساسيا في الشعر الحر الأوروبي هو استغلال الطاقة التعبيرية للفقرة النثرية إيقاعيا، وجعل الجملة النثرية جزءا حيا من ايقاع الشعر فيولد شعور لدى القارئ وكأنه يقرأ كلاما نثريا، وصلاح عبدالصبور أجود مثال لهذا في الشعر الحر العربي. كما أذكر القارئ أن صايغ لم يعنون ديوانه الأول “30 قصيدة” نثر… ولم يشر إلى أنه يقدم نماذج قصيدة نثر. كما أن الماغوط لم يشر في أي ديوان من دواوينه قصائد نثر، وإنما شعر وهذا مذكور حتى في لائحة مجلة شعر لكتبها الصادرة، لكنها ميزت ديوان أنسي الحاج “لن” بـ”قصائد نثر”. وفي مقال في مجلة “الآداب” (كانون الأول عام 1962)، شتم فيه جماعة “شعر” واستهزأ بقصيدة النثر حد الاتيان بمقطعين من شوقي ابو شقرا وأنسي الحاج ليبين رداءة قصيدة النثر الذي تفتخر “شعر” بنشرها. وفي نفس المقال كتب الماغوط: “الشعر العربي الأصيل الموزون… يجب ان ينمو أيضا، ويتطور ويتجاوب مع حياتنا الجديدة المعقدة لغة وشكلا ومضمونا”.. وهنا مقطع من قصيدة الماغوط “أغنية لباب توما”، مقطع ينطلق وقعا وتدفقا من القناة اللاوعية لشعر التفعيلة الحر لكن بحرية أكثر، لأن شعر الماغوط بالأخص، هو، بكل بساطة، تطور وامتداد طبيعي لحركة الشعر الحر العربي:
ليتني وردةٌ جوريّة في حديقةٍ ما
يقطُفني شاعر كئيب في أواخر النهار
أو حانةٌ من الخشبِ الأحمر
يرتادُها المطرُ والغُرباء
ومن شبابيكي الملطّخة بالخمر والذّباب
تخرجٌ الضوضاءُ الكسولة
إلى زقاقنا الذي يُنتج الكأبةَ والعيونَ الخُضر
حيث الأقدامُ الهزيلة
ترتع دونَما غايةٍ في الظلام…
عندما كتب الماغوط هذه القصيدة في منتصف خمسينات القرن الماضي، لم تكن هناك امامه نماذج مطروحة كقصائد نثر على الاطلاق، بل حتى لم تكن ثمة تسمية من هذا النوع، وإنما كل ما كان أمام الماغوط من شعر رائج هو شعر منثور أو شعر التفعيلة، وطبعا ديوان توفيق صايغ، وترجمات ليست لها البعد التأثيري لترجمات مجلة شعر فيما بعد. ناهيك أن كل من يقرأ مقطعا كهذا سينتابه شعور عفوي وكأنه يقرأ قصيدة موزونة، بل قصيدة عمودية، سواء كان يعرف العروض أم لا… شعور يستحيل أن يحسه قارئ قصيدة النثر بالمعنى الأوروبي للكلمة. آه لو يظهر ناقد من بين عشرات نقاد الإنشاء الكسالى الذين باتوا مسيطرين على الصفحات الثقافية يتبركون بعبارات مدح على هذا وذاك، أن يعمل فكره ليكتشف لنا ما سمي في الدراسات الانجليزية: “وَحْدات وزنية مفقودة” Missing Measures
إن مواقف الملائكة ضد تطورات تيارها الشعري وتداعياته المتمثلة بشعر الماغوط مثلا، كانت لا تختلف على الاطلاق من تصريحات روّاد الشعر الحر كوليم كارلوس وليامز وباوند واليوت، المضادة لشعر أخذ ينتشر باسم “الشعر الحر” في اللغة الانجليزية، بينما هو في نظرهم شعر نثري، مما حدا بكارلوس وليامز إلى أن يتنصل من صفة شاعر حر، وباليوت إلى نفي وجود شعر حر! وحبذا أن نجد ناقدا واحدا يقوم بمقارنة لدراسة نازك الملائكة في كتابها “قضايا الشعر المعاصر” عن “بداية الشعر الحر وظروفه” مع مقالة تي اس اليوت “الموسيقى في الشعر” و”تأملات في الشعر الحر”، علّ الحقيقة تتضح بأن كل ما في مقالة الملائكة من أفكار هي عين الأفكار التي طرحها إليوت… لكن عن وعي دفاعي يخشى عواقب “التمرد” المنطقية الذي أدعت أنها رائدته.
كما لم يقل لنا جبرا إبراهيم جبرا أيضا لماذا، وهو محقٌ في هذه النقطة، أن تسمية “الشعر الحر” تصح فعلا أن تُطلق على شعره وشعر الماغوط وصايغ. كيف يمكنه إعطاء تفسير نقدي واضح، وهو، بكل بساطة، بالغائه صفة الشعر الحر من شعر الملائكة، عتّم على اللبنة الأولى لما سيتطور طبيعيا (وهذا عين ما كانت تخشاه الملائكة) من نموذج شعري مشطّر يحاذي بل يتمثل شعر التفعيلة في كل شيء ( الصورة، الجناس، الوقفة التي لاتثبت على حال، التدفق…) إلا في احترام شروط التفعيلة المعطاة.. إذ أن هذا النموذج المسمى “قصيدة نثر” اختار بوجه الإيقاع العروضي الوقعَ الانسيابي المعتمد على المعنى أكثر مما على الوزن، وعلى الإحساس أكثر من التفعيلات، معتبرا “إيقاعات النثر التي هي أكثر مرونة وشمولية، مصادرَ عروضية جديدة”، على حد عبارة كلايف سكوت..
إن ما يؤسف إليه هو أن ما يسمى خطأ “قصيدة النثر العربية” (التي لما كانت ظهرتْ لو لم تحدث ثورة الشعر الحر العربي على قيود الأوزان الخليلية) بقيت محتقرة عَروضيا حتى يومنا هذا، رغم أن لها تجارب منذ اكثر من نصف قرن، لم تجد متبحرا واحدا في العروض العربي، يخصص وقته للعثور على تفاعيل / ابحر غير معروفة للأذن العربية في عدد كبير من أفضل ما كتب تحت هذه اليافطة الخاطئة: قصيدة نثر، ويقوم بقراءة تقطيعية جديدة لها.
لقد التفت ابن خلدون، دون توضيح مسهب، إلى أن هناك أوزان لم يعرفها العرب في ظروفهم آنذاك: “… ليس كل وزن يتفق في الطبع، استعملته العرب في هذا الفن، وإنما هي أوزان مخصوصة تسميها أهل تلك الصناعة: البحور. وقد حصروها في خمسة عشر بحرا، بمعنى أنهم لم يجدوا للعرب في غيرها من الموازين الطبيعية، نظما”!
نحن اليوم في مطلع الألفية الثالثة، وما لم يجده العرب في سالف خيامهم نظما، هو اليوم يتدفق معا شكلا ومضمونا على اسفلت العولمة، يتفق في الطبع والذهن، في الروح والجسد: إنه وزن آخر من جل الموازين الطبيعية التي لم يعرفها عرب الألف الأولى.
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كانت هناك عدة كتب بقلم كتاب كبار تناولت مسألة “الشعر الحر”، وباللغة الانجليزية التي ادعى هؤلاء السيطرة عليها: للمثال كتاب مانسيل جونز عن “الشعر الحر” طبع عام 1951 في اكبر دار نشر يعرفها بالأخص مترجموننا هؤلاء: كيمبريدج، واعيدت طباعته عام 1968. وهو يعتبر من أهم المراجع الأولى حول حركة الشعر الفرنسي في فرنسا.. وبلغة واضحة مع شهادات مؤسسي الشعر الحر الفرنسي… ويتناول الخلفية التاريخية التي مهدت للشعر الحر الفرنسي، ومن بين هذه التمهيدات قصيدة النثر.. شيء جيد أن يعرف القارئ أن قصيدة النثر الفرنسية كان لها دور في انبثاق الشعر الحر وليس كما عندنا وعلى نحو خاطئ، كما سأبين فيما بعد.
لماذا لم يُترجم هذا الكتاب الذي ظهر في السنوات الأولى من ميلاد حركة الشعر الحر في العالم العربي، وبالأخص أنه يضيء جوانب عديدة كان النقد العربي آنذاك مثلما اليوم في أشد الاحتياج إليها لتقوية أدواته النقدية في مسألة الشعر الحر التي تكاد تكون ترجمة حرفية للشعر الحر الغربي. بل لكان قد قرأ القارئ العربي أول تقديم تعريفي لمصطلح قصيدة النثر فتترسخ في ذهنه بعض مميزات هذا الجنس الجديد، ولربما لدفع التعريف عذا عددا من الشعراء الشباب آنذاك لارتكاب قصائد نثر عربية رائدة بالمعنى الصحيح للمصطلح (انظر مقالتنا التعريفية).
ومن غريب الصدف أن هذا الكتاب يبين لنا أن الشعر الحر الفرنسي أيضا رافقته سجالات من كتبَ أولا قصيدة حرة؟ “غوستاف كان” أم “جول لافورغ”، والنقاش جد حاد بين قصائد الاثنين إذ تتقارب تورايخ نشرها (كما عندنا: أيٌّ كانت أولَ قصيدة حرة: “كوليرا” الملائكة أم “هل كان حبا” للسياب)، وأن الشعر الحر مؤامرة أجنبية لتهديم نقاء اللغة الفرنسية بتهديم عموده الأساسي البحر الاسكندراني (كما أشيع عندنا في خمسينات القرن الماضي بأن الشعر الحر مؤامرة لزعزعة التراث العربي)، وأن الترجمة الفرنسية لبعض قصائد ويتمان هي التي مهدت الطريق لظهور الشعر الحر، وأُستعملَ في هذه الترجمة أسلوبٌ وزني سيعرف فيما بعد باسم الشعر الحر وكان له دور مؤثر على “كان” و”لافورغ” الذي قام بترجمة ويتمان، وهذا الاعتبار لا يختلف عن طروحات عدد من النقاد العرب بأن ترجمات باكثير لشكسبير سبقت نماذج الشعر الحر العربي الأولى وكان لها دور مؤثر على الملائكة.
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من خلال بحثي عن مصادر تتناول قضية “الشعر الحر”، وجدت ما يقارب 9 كتب حديثة بالانجليزية ساذكرها في مراجع الحلقة الثانية من هذا المقال، أما في الفرنسية فلم أجد (طبعا باستثناء التعريفات المقتضبة التي نجدها في المعاجم الفرنسية) سوى كتاب صغير واحد (70 صفحة من القطع الصغير) يتناول الشعر الحر: “أوائل شعراء الشعر الحر” وهو محاضرة ألقاها احد روّاد الشعر الحر: ادوار دوجاردان في السوربون عام 1922. بينما في الانجليزية هناك عشرات الكتب ومئات المقالات التي تتناول قضية الشعر الحر… وخصوصا خلال السنوات العشر الأخيرة، ظهرت كتب عميقة تعيد النظر في كل مسالة الشعر الحر بأسلوب ممتع وصارم مصطلحيا. وقد يستغرب القارئ متسائلا: كيف والشعر الحر الانجليزي هو ابن الشعر الحر الفرنسي؟ لكل شيء جواب، وهنا جزء بسيط منه: أن الشعر الفرنسي مقطعي أي وحدته الوزنية تقوم على عدَ المقاطع اللفظية وتساويها من بيت إلى آخر. وتجدر الإشارة هنا إلى أن رسالة البيان التحرري من العروض الكلاسيكية، لحركة الشعر الحر تتجلى في حذف s الجمع من كلمة Libre وكلمة Vers في المفهوم اللساني الكلاسيكي هي دائما جمع لأن البيت الاسكندري يتكون من شطرين لذلك أي نعت يضاف الى Vers ، كما في تيار Vers Libérés ، فأن s الجمع يضاف.
بينما اللغة الانجليزية لغة نبرية ومن هنا تقوم وحدة الوزن الشعري على تفعيلة مكونة من مقطعين كما في البحر الأكثر شيوعا الايامبي، وعلى ثلاث مقاطع كما في البحر الانابيست. على أن القياس الوزني للتفعيلة في الشعر الحديث يقوم على المقاطع المنبورة وغير المنبورة على عكس ما كان معروفا في الشعر الانجليزي الكلاسيكي المقطع الطويل والقصير. لكن في الشعر الحر، كما اوضح باوند: “يمكن تشخيص التفعيلة، المتفق عليها في الشعر الكلاسيكي، لكن الوزن، كما هو معرف تقليديا، لا يظهر”. أو بعبارة اليوت الشهيرة: “على شبح وزن بسيط ما، أن يترصّدَ من وراء الستارة حتى في الشعر “الأكثر حرية”؛ فيتقدّم على نحو مهدّد ما إن نغفو، ويتراجع ما إن نصحوا. الحرّية حريةٌ حقا عندما تظهر إزاء قيد مصطنع”. ومعظم الدراسات المعاصرة للشعر الحر المكتوب باللغة الانجليزية، تحاول تقطيع هذا الشعر وايجاد وحدات وزنية شبه مفقودة تتوافق، بشكل ما، مع وحدة الوزن المعروفة.
هذا شيء لا وجود له في الشعر الفرنسي، إذ كل ما يحتاجه التحرر من قيود الوزن عند الشاعر الفرنسي هو إلغاء حساب المقاطع لاغير (طبعا ينحو كل شاعر حقيقي إلى الاعتناء بتقطيع يتقاطب ووقع أحاسيسه وأسلوب يتماشى وتدفق أفكاره). وعندما يلغى عَـدُّ المقاطع ويعود الشاعر لا يفكر به، لا تعود هناك التباسات كثيرة مثلما موجود في الشعر الحر الانجليزي، تحتاج إلى شروح ومساجلات، وكما وضح دوجاردان: “الشعر الحر يجهل عدّ المقاطع syllabes “. ناهيك أن ظهور السوريالية نسف فكرة وجود “فن شعري”، نموذج يُتبع، إذ أعادت السوريالية للمخيلة البشرية حقها الأساسي باتخاذ الشكل الذي يتدفق في آن مع تعبيرها.
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أما حركة “التصويريين” التي اطلقت الشعر في اللغة الانجليزية، فليس هناك مرجع عنها بالعربية.. والأنكى أنه كانت هناك فرصة كان يمكن للقارئ العربي أن يطلع من خلالها على هذه الحركة تعريفا ونقدا في الكتاب الذي اشترك فيه عدد كبير من الاخصائيين، حرره لدار بنغوين مالكولم برادلي وجيمس ماكفارلن: “الحداثة”.. والذي قام بترجمته الى العربية مؤيد حسن فوزي وصدر بجزئين في بغداد (1990)… إلا أن المقال المتعلق بحركة “التصويريين” لم تتم ترجمته وحذف من الطبعة العربية لسبب جد بسيط هو ان كاتبه نتان زاخ شاعر إسرائيلي، وثقافة اللاتطبيع تتطلب هذا التجهيل! لحسن حظ القارئ ان كاتب مقال “قصيدة النثر والشعر الحر” كلايف سكوت لم يكن إسرائيليا. فمقاله رغم الترجمة الركيكة يسلط بعض الضوء على هذين الجنسين المنفصلين. وتجدر الاشارة هنا إلى أن لكلايف سكوت كتابا جد مهم بالانجليزية حول “الشعر الحر”: يتبع فيه طريقة جديدة نبرية يستطيع اثبات أن عددا من قصائد الشعر الحر الفرنسي الرائدة مهما تحررت لم يمكنها الابتعاد عن النموذج المتمردة عليه.
هناك معجم جد كبير حرره الأديب الراحل مجدي وهبة صدر عن مكتبة لبنان: “معجم مصطلحات الأدب”. ومن المعروف أن مجدي وهبة شخصية ثقافية متبحرة في علوم الأدب، ومعجمه هذا يدل على المام كامل بكل مصطلحات الأدب، مستعملا طريقة جديدة يقدم مقتبسات بالانجليزية والفرنسية لأدباء أجانب كبار تعرف مفهوم الشاعر، ثم يقدم تعريفا مفصلا تارة وتارة مقتضبا بالعربية.
لكن… مما يؤسف له أنه أولا، لم يكتب إشارة واحدة إلى جنس “قصيدة النثر”، وكأنها غير موجودة مع العلم أن تعريفا بها مذكور في كل المعاجم الفرنسية والانجليزية التي استعان بها. وثانيا خلط في تعريفه بالعربية لـ”الشعر الحر”، بين مميزات اتجاهين مختلفين: هما Vers libérés أي “الشعر المُحرّر” أو المتحلل من بعض قيود وزنية لكن دون المس بأسس العروض الفرنسي وأفضل من يمثل هذا الاتجاه هو بول فيرلين، وتيار Vers libre “الشعر الحر” المتحرر كليا من قواعد العروض الفرنسي.
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هناك أخطاء فادحة شائعة وسط الشعراء والنقاد وأتباعهم القراء:
بأن فيرلين هو رائد الشعر الحر بينما كان من أكثر المتحفظين على تيار الشعر الحر Vers libre وعلى عكس مالارميه الذي رحب بالشكل الجديد مع التزامه كتابيا بالبحر الاسكندري (وسمي نسبة إلى ملحمة كتبت في تمجيد ألكسندر ذي القرنين يتكون فيها البيت الشعري من شطرين تفصلهما فاصلة وزنية وفي كل شطر ستة مقاطع). لم يكتب بول فيرلين قصيدة واحدة تعتبر شعرا حرا، على العكس أنه كتب قصيدة ابيغرام الشهيرة يستهزئ فيها من هرولة الجيل الجديد الى كتابة الشعر الحر.
وبأن بودلير اخذ من وولت ويتمان، بينما لم تترجم بعض قصائد ويتمان الا بعد موت بودلير وليست هناك وثيقة واحدة تؤكد أن بودلير قرأ ويتمان او سمع به، بل على العكس، إن ويتمان هو الذي سمع ببودلير عن طريق مقالة لسان بوف ترجمت إلى الانجليزية يتطرق فيها إلى أفكار بودلير في مفهوم الحداثة، وقرأها ويتمان واقتبس منها مقطعا لبودلير، في مقدمته لـ”اوراق العشب”.
وبأن الشعر الحر الأوروبي غير موزون… وبأن الشعر الحر الأوروبي موزون… وبأن التحرر من الوزن نفسه في فرنسا كما في ألمانيا، أو انجلترة، بينما كل لغة لها إيقاعها العضوي الذي يفرض في نهاية الأمر مسار التحرر من قيوده… وبأن بأنّ، بأنّ، بأن الخ.

الحلقة الثانية: انبثاق حركة الشعر الحر في فرنسا، دور الترجمة الفرنسية لبعض قصائد ويتمان، الإحياء الانجليزي للشعر الحر

هذا هو الشعر الحر وليس.

Sargon Boulus

1942 (Habbaniyah, Irak)-

 

Poète, nouvelliste et journaliste, Sargon Boulus quitte l’Irak pour Beyrouth en 1967 où il collabore à la revue de Youssef El Khal : Chi‘r. Son exil se poursuit aux états-Unis et le soleil californien le retient durant une vingtaine d’années. Il publie à San Francisco une revue en anglais Tigris, traduit Adonis et Darwich et donne à lire en arabe Allen Ginsberg, W. H. Auden, Ezra Pound et William Carlos William. On connaît de lui cinq recueils de poèmes dont on retiendra en particulier La vie près de l’Acropole (1988) et Le tout sur le tout (1992). Il vit aujourd’hui en Allemagne. Sa poésie, influencée surtout par la modernité américaine, révèle un langage maîtrisé émaillé d’anecdotes et d’images étonnantes tirées du quotidien. La rue l’inspire et ses errances urbaines le poussent à réunir une biographie rapide des gens qu’il croise comme autant de fantômes qu’il revêt de réalité. Sargon Boulus, le poète de la paresse éveillée !

 

à un visiteur après l’apocalypse

 

Si au bout de la nuit de l’histoire

Tu venais cogner la porte,

Quand déjà les bourreaux dorment

Sur les cadavres de leurs victimes,

Si après le déluge

Et les derniers cris de guerre,

Tu venais pour réaliser, enfin, par tes grâces

Le rêve des damnés blessés,

Et si Eve t’ouvrait la porte

Encore endormie et frottant ses yeux,

Alors il te faudrait l’écarter,

Lancer un coup

En pleine tête du serpent

Pour qu’il retourne sans attendre

à la grotte biblique,

Enfoncer un mégot

Dans les lèvres d’Adam,

Demander pourquoi à cette créature

Et commencer l’interrogatoire.

 

La légende d’al-Sayyâb et de l’alluvion

 

Al-Sayyâb savait depuis toujours

La rareté des choses aimables :

Un visage rond comme une miche

Perçant sous les pauvres chiffes de son berceau

Des femmes tendres telles les nourrices des contes

Et une poignée d’alluvions, humides

Tel le souvenir du déluge,

Qui ne cessaient de le poursuivre

Au delà des fissures de sa mémoire

Et des fenêtres ouvertes pour lui dans son enfance

Il chanta ces alluvions et les chanta encore

Dans le feu de ses attentes

Sur des lits d’hôpitaux loin des eaux irakiennes

Pour les posséder

Il se voua même à la boue des ruisseaux.

 

Al-Sayyâb savait depuis toujours

Que le pied nu ne conduit qu’à une prison ou un massacre,

Que la pauvreté est le diable même

Dans un monde où splendeur et misère sont le festin

Préparé pour d’autres en notre nom

Pour finir dévoré par les barbares

Et que demain est une forêt

Verdoyant au seul cri de ses loups.

Chaque fois qu’il écrivait un poème

L’hôpital sombrait

Dans l’abîme…

Lorsque la nuit, servante au grand cœur,

Lui apporta l’aura de l’éternité

Et la mort, danseuse sans visage, se dénuda devant lui

Dans une ultime taverne de poussière

Alors Jaykour encore une fois tournoya

Dans le fleuve de son sang

Avec sa boue et ses ombres.

Il vit ainsi Dieu se reposer

Sur le lit du Buwayb.

 

 

Tentative d’atteindre Beyrouth par la mer

 

Un soir lointain

Lorsqu’à travers les ruines

Je faisais se tarir les fontaines

Ou soudoyais la nuit

Avec de pauvres vers

De tes milliers de fronts

Tu saignais

Dans les tranchées de la trêve froide.

J’ai voulu tapisser un chemin de mes haleines

Jusqu’au lieu où debout tu demeures

Ta barricade est carcasse de colombe

Ton visage, paradis blessé

J’ai voulu me consumer entre tes mains

Pas un recoin ne rêve de mon arrivée

Et la vie pour moi est une proie effarouchée

Lorsqu’elle ouvre les yeux

Et s’apprête à enfanter à chaque instant

Dans son berceau flottant entre mes os

Je m’éveille au large sur des eaux étrangères

Et ma vie se barricade contre moi.

 

Les agents de voyage me toisent avec étonnement

Lorsque je les interroge sur les bateaux pour Beyrouth

Mais je quitte le Pirée après deux jours

Le Pirée : le port où les prophètes rouillent

Et où leurs barbes soufflent sur les rames

Rue Socrate à Athènes où des prostituées affamées

S’assoient au seuil des hôtels

Sur des caisses de bois empruntées aux commerçants

 

Dans les ports de la Méditerranée et de la mer égée

Le vent

Est une veuve aveugle

En quête de personne

Mais qui passe parfois sur les cavités du cœur

Ses mains comme du papier de verre

Couvertes d’un sel rouge

Où elle s’arrête.

 

à cet instant l’aube masquée franchit les ponts.

Et pendant que je dis à la vie :

Approche, je ne te ferai aucun mal, je le jure !

Beyrouth, tel un cri perdu, surgit chaque nuit

De l’œil fixe de la victime

Ou part furtivement comme un cierge de pauvreté

Entre des échelles posées contre les murs de ma poitrine.

 

Et pendant que je dis :

Ô vie, je t’en prie,

Ne fais rien en mon absence

Et d’un seul bond, dévoile-moi ton ventre

Troué des balles des francs-tireurs de l’abîme

Beyrouth dans la nuit

Disait à la nuit :

Il faut que tu ailles au bord du cœur

Là-bas je serai ta parole

Il faut que tu lèches cet os froid

Pour de sa nudité illuminer ta nuit.

 

Voyage

Pour que la fumée monte de la boussole.

(A. K. El Janabi et Mona Huerta)


Ghassan Zaqtane

1954 (Beit Jala, Bethléem, Cisjordanie)-

 

En 1967, Ghassan Zaqtane part avec sa famille pour Amman puis Moscou où il finit ses études secondaires. Il rejoint les organisations palestiniennes à Beyrouth en 1979 et part pour Damasse en 1982 après l’invasion israélienne. Il s’installe en 1986 à Tunis, où il dirige quelques années plus tard la revue littéraire al-Bayadir (Aires). Journaliste, rédacteur en chef de la revue publiée par La Maison de la Poésie de Palestine al-Chou‘raa (Les poètes), il vit aujourd’hui à Ram Allah. Auteur de différents recueils poétiques on retiendra en particulier Bannières (1984), L’héroïsme des choses (1988) et Ciel léger (1992). Sa poésie qui se nourrit de fines observations, capte l’éphémère avec des images dissonantes et morcelées qu’il transforme en ex-voto à la mémoire blessée.

 

 

Paysage

 

Ils s’élèvent sans un regard

Leur silence couvre leurs présences

Leurs propos diminueront tout en haut.

Dans les plaines, le sommeil de la création

Et la solitude des tués

Résonnent clairement.

En bas…

Les carillons du regret profond s’élèvent

En bas… les arcs des collines répartissent la lumière blafarde

En bas… les lieux se rejoignent…

Et l’on peut voir l’immensité de la terre

Où sans aucune intention ils s’assiéront.

 

 

Présence

 

Il est là qui mêle tout dans la nuit

Qui empoigne le cœur

Et illumine la chambre des morts.

 

Le chien soudain se tait

Les meubles se font plus sombres.

 

Soudain…

Le jasmin cogne ses branches contre la vitre.

 

Des pas gravissent les trois marches

Des pas dans le couloir

Des pas dans l’ombre

Des pas… comme l’absence.

 

Les fleurs depuis deux jours fanées

Relèvent leurs pétales…

 

Au tableau, le joueur de luth

Relâche les doigts…

 

Soudain…

La poignée de la porte !

 

La complainte du mari

 

La nuit

Lorsque mon miroir sèche et que crie mon mari

Qu’une fenêtre, en rafale se lève

Devant ma maison, sur le muret

Qui semble plus haut dans la nuit,

… Tu es là-bas, nette  et tranchée devant le feu

Ta voix effleure les objets…

Souvenir de nos pas sur le seuil,

Souvenir de deux palmiers à la hauteur obscure

Souvenir de l’attente du fleuve,

Souvenir…

… Nulle fleur sur le marbre

Nulle litanie dans l’air

La méditation des roues luit sur la boue des champs.

Une obscurité bat de toute sa vivacité… et se pose

Souvenir

Puis souvenir

Puis mon odeur…

Rien que mon odeur.

(Layla al-Massri)


 Salim Barakat

1951 (Qamechli, Syrie)-

 

Kurde du nord de la Syrie, Salim Barakat quitte en 1971 son pays pour ne jamais y revenir. Exilé à Beyrouth puis à Chypre, il se voue à la littérature, devient secrétaire de rédaction de la revue dirigée par Mahmoud Darwich Al Karmel, avant que ses pérégrinations ne l’éloignent de la Méditerranée pour le conduire à Stockholm. Il est surtout connu en France pour ses romans traduits par François Zabbal chez Actes Sud. Pour l’essentiel, son inspiration est tirée de sa vie et de l’histoire du peuple kurde. Auteur d’une douzaine de recueils, sa poésie défie tout traducteur tant elle utilise, dans des relations incongrues, des mots obsolètes. D’apparence quasi automatique sa veine poétique, dans un souffle identitaire et pastoral, sonde à la fois l’inconscient collectif et la conscience malheureuse de son peuple.

 

 

Deuxième courbe de la rue Aphrodite

 

Suspends la nuit,

Suspends la nuit comme ton chapeau

Et appelle le jour, cocher brisé près de ta calèche vide.

 

Quatre-vingt-dix degrés au-dessous de la menthe

et trente au-dessus des girofles

Quatre-vingt-dix degrés à la merci des muscles qui tout doucement s’amollissent du scandale de la cellule et de l’irruption, hier, d’enfants semblables à l’appel avancé d’un lendemain d’âge mûr.

Alors approche, toi qui suspends la nuit comme ton chapeau et fixes longuement près de ta calèche vide, le jour, ce cocher que tu n’appelles point.

 

Ô toi l’annonciateur de la résurrection de la vigne et du jugement du vent, approche-toi des chefs de file qui décrivent le soir caché dans la parole du jardin échangeant des cigarettes allumées sous la poussière familière que tu couvris de ta brise intime. Oublie tes distances confuses et ce soir qui glissa, que tu essayas de soutenir avant que vous ne sombriez ensemble dans une rhétorique se pavanant avec sa soirée.

 

Ô toi le guide de tes villages, tu es à quatre-vingt-dix degrés dans la rosée.

 

 

La millième courbe qui s’accrocha à moi après la foudre

 

J’entrerai dans cette maison quand je jetterai mes os dans l’âtre.

J’entrerai dans cette maison, m’accrochant à l’endroit insaisissable, à la sépulture qui me soutient de ses cachettes de hyacinthes et aux tigres verts escaladant l’arcade des ténèbres bénies vers mes désirs.

J’entrerai dans cette maison par sa dixième porte et par sa vacuité aussi lisse que les trois marches du seuil. Je couperai les gâteaux d’hier en tranches digitales soulevant les mains avec les éventails de la mort vers l’éternité libre dans ses chaînes, vers moi et mes compagnons quand ils jettent du haut de leurs terrasses les couches du jour et rient sous les masques cléments et l’opalescence des profondeurs dans lesquelles soufflent les césars obtus.

J’entrerai dans cette maison

J’entrerai dans cette maison, avec…

J’entrerai dans cette maison avec mes mille otages

J’entrerai dans cette maison avec les tornades

que nulle écriture ne parvient à calmer.

J’entrerai dans cette maison, avec la distraction de la terre et la grisaille des gouttes d’eau.

J’entrerai dans cette maison, les yeux baissés comme un aïeul dont les petits enfants cachent le dernier soulier.

J’entrerai dans cette maison sans saluer

et me dirigerai vers l’âtre pour ramasser mes os.

(A. K. El Janabi et Mona Huerta)


Fadhil al-Azzawi

1940 (Kirkuk, Irak)-

 

Poète, journaliste et romancier Fadhil al-Azzawi a joué un grand rôle dans l’innovation poétique irakienne des années 1960. Très actif dans le journalisme culturel, il fonde en 1969 la revue d’avant-garde irakienne Poésie 69 et participe à de nombreuses activités littéraires. Il prend en 1977 le chemin de l’exil et part pour l’Allemagne où il entame de nouvelles études qu’un doctorat sur l’évolution de la culture arabe analysée à partir du cas de l’Irak, viendra couronner. Son œuvre compte des romans, des essais et une douzaine de recueils de poésie dont L’arbre oriental (1975), Voyages (1976), Un homme jette des pierres dans un puits (1990) et Au bout de tous les voyages (1993). Sa poésie puise à l’expérience du surréalisme et des autres tendances de la modernité arabe et européenne. Expérimentale elle s’inscrit dans un registre fantastique et ne cesse de questionner la réalité arabe avec un lyrisme imagé et plein d’humour.

 

 

Poème auto-dévorant

 

Ils ne viennent ni dans les poèmes ni dans les mots du voyage

Ils ne viennent ni dans les poèmes ni dans les mots

Ils ne viennent ni dans les poèmes ni

Ils ne viennent ni dans les poèmes

Ils ne viennent ni dans

Ils ne viennent ni

Ils ne viennent

Ils ne

Ils

 

 

Le piège

 

Parfois traversant un fleuve

Nous nous voyons dans une autre époque

Parfois, fixant un miroir

Nous nous voyons dans la prison

Parfois harponnant une femme

Nous nous voyons dans l’exil

Parfois lisant des poèmes

Nous nous voyons dans la prose.

 

Savez-vous ce que nous devons faire ?

 

 

La cheminée

 

Une cheminée exhale de la fumée dans le vent

Parfois elle exhale des rêves,

De la tristesse

Elle exhale des traces d’hommes

Rapportant dans la chambre la parole des anciens

Elle exhale le silence d’une femme

Entre les bras d’un homme

Se rappelant la capitale de terreur

érigée dans le désert

Elle exhale nos souvenirs

 

Cette cheminée nous exhale jour après jour

Dans la nuit d’un autre ciel

Dans le vent.

 

 

Doigts

 

La répression se tient debout

Devant un arbre

Et tel un roi devant son peuple

Fait des signes de la main

à ses enfants

 

La répression va à l’histoire

Et lui rend ses faux billets

La répression pose sa main humide

Sur mon front

Et essuie mes larmes

Avec ses doigts.

 

 

Dieu et Satan

 

On parle dans le premier chapitre

De Satan désobéissant à Dieu

Dans le second

De Dieu chassant Satan du paradis

Dans le troisième

De la perplexité d’Adam

Dans le quatrième

Du déluge.

 

Enfin arrive le héros qui capture Satan

Et le bon Dieu règne sur le monde.

 

Alors de quoi parler ?

Dans le cinquième

Le sixième

Le septième

le huitième

Etc.

 

 

La porte

 

Une porte condamnée dans un champ abandonné

Des oiseaux blancs

Brillent sur une violette noire où le sang a coulé

- Quelles sortes de secrets peut garder une porte condamnée ?

- L’ouvrirai-je

L’enfant s’approche faisant fuir les oiseaux

- N’ouvre pas une porte condamnée

Peut-être venant du désert arabe

Vont surgir tes aïeux,

Une nuit éternelle,

Un soldat poignardé en plein cœur,

Ou encore un bourreau

Qui te tranchera la tête

Laisse cette porte de la nuit, mon enfant,

Laisse-la briller

Comme argent dans un champ abandonné,

Condamnée.

 

Rêves

 

Des fantômes s’assoient dans la prairie

Troquant rêves et quolibets

Des oiseaux de métal

Se perchent sur les branches

Et gazouillent pour l’histoire.

Ô rebelle ébloui, ne donne pas ton nom,

à ce qui n’a pas de nom

Ô conquérant, ne verse pas ton nom sur le sable !

 

Un mammouth noir pâture

Un cheval hume le cadavre d’un aviateur

Attaché à son parachute blanc

Un téléphone sonne dans une retraite

Je décroche bouleversé

Et converse avec moi même

à l’autre bout du fil

 

 (A. K. El Janabi et Mona Huerta)


Youssef Abou Lauz

1956 (Qaryat al-Kafeer, Jordanie)-

 

D’origine palestinienne, Youssef Abou Lauz poursuit ses études à Amman (Jordanie) avant d’embrasser la profession d’enseignant qu’il exerce successivement en Algérie, en Arabie Saoudite et dans les émirats Arabes Unis où il s’établit pour entreprendre une carrière de journaliste. Après des débuts au trimestriel Chu’un adabiyya (Questions littéraires), il s’engage dans la rédaction culturelle de l’hebdomadaire Chourouq. Il est membre de l’Union des écrivains jordaniens et de l’Union des écrivains des émirats. Avec des images qui s’appuient sur un discernement acéré du réel, sa poésie interroge les substrats du langage pour célébrer le quotidien et les aspirations des gens. Son deuxième recueil Fatma se rend de bonne heure au pré (1983) a été honoré par le prix de l’Union des écrivains arabes de Damas.

 

 

Le bluff de la poésie

 

Tu m’avais dit : « Cinq poèmes suffisent

Pour bâtir une maison.»

Alors je me suis jeté sur la poésie,

Mangeant le poisson de mon langage

Et couchant avec des sorcières

Blanchies au champ de bataille de la magie.

M’as-tu jamais vu obtenir la moindre maison ?

 

 

Les meubles du poète

 

Sur les marches, des livres assassinés,

Là, de la musique,

Des images épousant les rugosités du mur,

Un miroir dont le vestibule abrite la nuit

Blanche comme la mort,

Deux souliers jetés derrière la porte,

à la merci de l’obscurité et du froid,

Un lit, des femmes évanescentes,

Et un monde de métaphores.

Dans la chambre du poète on trouve tout cela

Mais une larme restée suspendue

à son cil gauche n’est pas tombée sur le siège,

La chambre pourra-t-elle lui trouver une place ?

La mer dormira-t-elle dans un coin auprès de la bougie ?

 

Ô visiteurs, espacez vos rondes nocturnes !

Pesant sur mon cœur comme un rocher de silex 

Quatre épouses y demeurent : ma poésie, mon vin,

Les reliefs d’une image d’amour et une aiguière de perdition.

 

Dors, poète, un mois encore

Car aucun soleil ne va se lever.

 

Le sommeil

 

Le sommeil est un jouvenceau peigné sur le côté

Son costume est en soie,

Et ses chemises en bribes de nuages.

 

Qu’il est ondoyant ce garçon !

Blanc comme le lait

Avec des souliers de vocable et de fumée

Il vient nous voir

Et de ses parfums enduit nos épaules.

 

Le sommeil coule ça et là,

De douceur, il couvre les femmes,

Les embrasse sur les lèvres,

Salue les hommes et s’en va.

 

Le sommeil,

Ce jeune amant qui connaît déjà tout de l’amour

A fini par s’établir dans les yeux,

Il y a bâti sa demeure et a renoncé à Dieu,

Il peut chanter ou s’emporter.

 

Si seulement j’avais été son fils,

Son cousin ou encore son frère de même père,

J’aurais mis à l’essai tous les yeux,

Et me serais lassé des femmes,

Jusqu’à épuisement.

 

 

(Antoine Jockey, A. K. El Janabi et Mona Huerta)


Abdallah Zrika

1953 (Casablanca, Maroc)-

 

Selon son traducteur, Abdellatif Laâbi, « Les poèmes d’Abdallah Zrika sont comme des roses sauvages qui auraient poussé parmi les immondices. De ce champ indigne elles tiennent les couleurs de l’anémie et des accès de fièvre. Rabougries, brûlées avant d’éclore, elles ne sont pas là pour l’agrément et le plaisir des sens. Fleurs du mal de vivre, elles sont à l’image des condamnés de l’existence qui habitent encore ce bidonville de Casablanca où Zrika est né ». Dès sa douzième année Abdallah Zrika écrit de la poésie et ne cessera de le faire. Ses lectures attirent les foules et c’est pour atteinte à l’ordre public qu’il est emprisonné à la fin des années 1970. Après une année de vie carcérale, il publie en 1980 deux recueils où transparaît son inquiétude de l’utilité et de la finalité de l’écriture : « Les mots me font peur. J’ai le sentiment parfois que ce sont des ombres qui me poursuivent, me pourchassent. L’homme écrit, écrit, mais la feuille blanche reste obstinément blanche… Que veut-il écrire, que veut-il dire cet homme qui essaie depuis l’aube des temps de remplir les pages blanches de signes noirs ? Tout ce qu’il écrit se noie dans la blancheur de la feuille. C’est pour cela que je vois les mots comme des cadavres et la feuille blanche comme un linceul ».

[Rires de l’arbre à palabre (L’Harmattan, 1982), Bougies noires (La Différence, 1998), Petites proses (L’Escampette, 1998)].

 

 

Rouge des pantalons du soleil

 

I

Ah comment voir

alors que mon œil est circoncis

 

Est-ce cela la terre

ou un caillou pour les ablutions

 

C’est quoi cette route qui s’étend du harem au paradis

 

Et cette femme qui n’a trouvé que le dos de son serviteur pour se hisser et regarder un cercueil passer sous sa fenêtre

 

Ces fontaines se déversant de la rouille d’une gorge

 

Ces astrologues empêchés par les mouches d’observer le ciel

 

Ces labyrinthes qui conduisent à la morsure d’un chien

 

Mais je ne savais pas qu’entre l’Orient et l’Occident

il y a un voile

et un chapelet de péchés

 

II

 

Comment ta main ne deviendrait-elle pas une pute

si tu peins chaque jour

 

Comment serait-elle si la toile devenait un champ

et ton œil un corbeau

 

Qu’auraient fait Monet Renoir et Pissarro

s’ils n’étaient pas sortis à l’air libre

 

Et puis comment serait la couleur de la folie sinon jaune

 

Que vaut un trait s’il n’est pas comme le fil du rasoir

 

As-tu vu ce visage comme un pain rond

ces femmes comme des patates

et ce soleil qui ne sert à aucun matin

 

Qu’aurait fait Matisse s’il n’avait pas soufflé

dans un pantalon rouge

 

à quoi aurait servi cette chaise cassée si elle n’avait pas attendu

que Van Gogh sorte du désert d’un hôpital

 

III

 

Ingres

Pourquoi le corps commence-t-il par le dos

 

Degas

Qui danse

La taille ou le vide

 

Michal-Ange

Quelle Renaissance y a-t-il si ce n’est la renaissance du corps

 

Aurait-on pu découvrir l’Amérique avant de découvrir les replis

du corps

 

J’ai oublié comment je suis entré dans ce très vieux bar

où Manet revêtait un pantalon olive froissé

Bonnard aidait une femme à enlever sa chemise

Matisse peignait un mollet avec le bleu de ses yeux

Et où je n’ai vu personne d’autre

 

à la porte j’ai vu Modigliani essayant de monter la bicyclette

d’une femme qui s’était penchée par mégarde

(Abdellatif Laâbi)

Innovation mais dans les règles de l’art

 

Les recherches approfondies des orientalistes ont dévoilé les trésors de la littérature arabe ancienne, tout comme l’énorme travail des linguistes chrétiens libanais a rendu accessible au plus grand nombre la richesse de la langue arabe. Cette production répondait à la nécessaire modernisation de la société que de nouveaux moyens de communication annonçaient. Dans ce contexte, croissait le désir d’en finir avec la trivialité et la monotonie meurtrières représentées par la plus grande partie de la poésie arabe durant la période ottomane. Un changement entraînait l’autre, les poètes et les penseurs travaillaient à de nouvelles formes d’expression. Au tournant du XIXe siècle, l’Égypte était le foyer de la renaissance (Nahda) remettant en question les fondements de la société arabe. Alors que s’opposaient les tenants de la séparation des pouvoirs temporel et spirituel et ceux qui plaçaient la société entière sous l’autorité exclusive du Livre révélé, Hafiz Ibrahim (1871-1932), Mohamad Sami al-Barudi (1839-1904) et le prince des poètes Ahmad Chawqi (1868-1932), redonnaient splendeur à la poésie arabe en inaugurant le ‘néo-classicisme’. Ce mouvement ranima la poésie arabe dans ses valeurs culturelles. Georges Henein rappelle que l’on retrouve chez Chawqi « la dimension du passé immédiat qui aide les Arabes à se sentir proches d’une gloire dont l’absence tout court serait trop cruelle à leur cœur. Gloire de l’amour total et de la chevalerie bédouine dans Majnoun Laila, gloire de cette Andalousie perdue mais toujours désaltérante qui reste au fond de l’inconscient une référence presque mystique. »[1] Abbas Mahmoud al-Aqqad (1889-1964), Ibrahim al-Mazini (1890-1949) et Abdul Rahman Choukri (1886-1958) qui tentaient d’interroger le tragique de l’existence sous l’influence du romantisme anglais, lancèrent une critique sévère contre la rhétorique et le traditionalisme des poètes néo-classiques, soulignant l’absence d’unité de leur poésie. Leurs essais marquèrent un progrès de la critique poétique et furent publiés en deux volumes sous le titre al-Diwan. Cependant, l’apport le plus novateur vint sans doute des poètes d’al-Mahjar, à partir de leur exil new-yorkais. Ils évoluaient entre le registre de la modernité américaine et celui de la nostalgie bucolique, et pastorale et sentirent la nécessité de varier les thèmes et de trouver de nouvelles orientations lyriques. Une veine romantique délia ainsi la langue arabe produisant une poétique simple dotée d’une transparence presque biblique. La prose de Gibran Khalil Gibran (1883-1931) marquée par « de nouvelles expressions et un nouvel usage des éléments de la langue », et l’essai critique de Mikhaïl Nou‘aymé (1889-1988), Le Tamis, ouvrirent la voie, avec d’autres, à une nouvelle poétique. Celle-ci allait influencer une grande partie de la littérature. Le romantisme de tous ces poètes reste toutefois mâtiné d’inquiétudes sociales et intellectuelles. à partir des années trente, le groupe Apollo allait user ce romantisme jusqu’à la corde après que de nombreux autres poètes aient tenté de moderniser le genre poétique. Khalil Mutran (1870-1940), qui inaugura, selon Mikhaïl Nou‘aymé l’époque de renouveau en mettant fin à celle de l’imitation, se consacra à réaliser l’unité organique du poème qui manquait singulièrement à la poésie arabe classique. Premier traducteur de Shakespeare, Mutran en brisant « les chaînes du conformisme rendit la poésie arabe perméable à l’imagination étrangère. »[2] Tandis qu’Elias Abou Chabaki (1903-1947) introduisait le poème dans le boudoir parfumé du blasphème, Said Akl (1912-) drapait la langue arabe des choses de la beauté, l’entraînant vers le grand large du symbolisme pour abreuver les vocables en toute liberté. Poète de la nuit pour qui l’angoisse est un signe de révolte, Aboulkassim al-Chabi (1909-1934) mettait en cause avec véhémence, dans son Imaginaire poétique chez les Arabes, la poésie ancienne qui regorgeait de sentiments « bas et ignobles » contre les femmes. On ne saurait oublier le rôle des poètes irakiens tels Maarouf al-Russafi (1875-1945), propagateur des Lumières et porte-parole de toutes les causes y compris celle de l’homosexualité, Jamil Sidqi al-Zahawi (1863-1936), poète darwinien qui donna au verbe arabe une impulsion laïque ou encore le dernier fidèle du néo-classicisme, Mohamed Mahdi al-Jawahiri (1900-1996), qui se voulait toujours sur la crête des vagues lorsqu’il parlait de société et de morale. En fait, tous ces poètes et tous ces groupes rénovèrent la prosodie arabe dans ses vocabulaires et ses inspirations. En proposant de nouveaux thèmes (qu’ils avaient coutume d’accompagner de textes théoriques) ils modernisèrent le poème, le laissant vagabonder entre les ruses de l’époque sans bouleverser pour autant la sacro-sainte structure khalilienne. Mikhaïl Nouaymé a très bien résumé les aspirations des poètes de son temps : « Quel beau jour celui où nous entendrons notre poète chanter ses airs selon les mesures qui seront choisies par son cœur, selon les penchants de son âme, sans se laisser ligoter par les liens de la métrique et de la rime ! Quel beau jour celui où nous n’adorerons plus la forme extérieure, où nous ne jugerons plus les poètes d’après les règles de la morphologie et de la syntaxe ! Quel beau jour celui où nous enterrerons les tâ’iyat, les lamiyât, les aïniyât et les kha’iyât (poèmes rimant en lettres tâ, lam, ‘aïn, khâ’) dans la poussière de l’histoire, où l’espace s’ouvrira tout grand à l’imagination des poètes et où l’expression ne sera pas étouffée par la rime, étranglée par la lettre unique »[3].


[1] Georges Henein, Deux effigies, Genève, Puyraimond, 1978.

[2] Voir Hafiz Ibrahim cité par Nicolas Saade, Khalil Mutran héritier du romantisme français et pionnier de la poésie arabe contemporaine, thèse présentée devant l’université de Provence le 25 février 1978, Paris, 1979, Atelier de reproduction des thèses, université de Lille III, 1979.

[3] Voir émile Dermenghem, Les plus beaux textes arabes, Paris, éditions d’aujourd’hui, 1979, p. 483